Revue Giono n° 9 – 2016. Parution le 15 juin 2016

simul couv n°9

 

SOMMAIRE

Correspondance

Correspondance Jean Giono-Louis Brun (janvier1934-janvier1936)

 

Inédits de Jean Giono

Pages inédites de Mort d’un personnage

Les carnets de travail des Âmes fortes (1948-1949)

 

Belles éditions

Gérard Amaudric : « Entrée du printemps », suivi de « Mort du blé » : Giono illustré par Willy Eisenschitz

 

Téloignage

 Michèle  Ducheny : Les peintres Pierre Parsus et Gracieuse Christof témoignent de leurs rencontres avec Jean Giono

 

Giono en images 

 Œuvres de Willy Eisenchitz, Pierre Parsus et Gracieuse Christof

Photographie illustrant l’article de Jean Arrouye

 

Études critiques

Sylvie Vignes : Le « jeu magique de nos sens » dans l’œuvre de Jean Giono

Jacques Mény : « Sous la lumière de mon œil bleu »

Jean Arrouye : « Images sacrées » et autres : Giono devant la photographie

Marie-Anne Arnaud-Toulouse : À propos d’un régime sans sel : nécessité et vertu du dépouillement

 

Année gionienne 2015-2016

________________________________________________________________________________________________

RENCONTRES GIONO 2016

3-8 août 2016

Giono, Rome et l’Italie au cœur

________________________________________________________________________________________________

Renc Giono affiche 2016

JEAN GIONO – Lettres à la NRF (1928 – 1970)

 

Lettres NRF (couv)

 

Édition établie, annotée et présentée par Jacques Mény

Collection Blanche Gallimard

 

Jean Giono et la NRF entament leur dialogue en 1928. Jean Paulhan vient de lire le manuscrit de « Colline » et a fait part de son enthousiasme à Gaston Gallimard. On cherche aussitôt à s’attacher ce jeune auteur de trente-trois ans, sous-directeur d’une agence de crédit à Manosque ; hélas, il est déjà par contrat à Bernard Grasset, qui a pris une option sur ses trois premiers livres. Qu’importe ! Gaston Gallimard lui demande de s’engager avec la NRF pour les suivants : « Je tiens à vous réserver un peu à l’avance votre place dans notre maison. » Le Grand Troupeau est ainsi le premier des romans de Giono à paraître chez Gallimard en 1931. L’écrivain se partage alors entre les deux éditeurs, avant que la relation avec la NRF ne devienne plus exclusive après 1946. Cette correspondance retrace l’histoire éditoriale de la révélation puis de la confirmation d’un rare génie littéraire. L’œuvre de Giono y apparaît dans son projet et dans sa variété, de l’époque du « Chant du monde » à celle des « Chroniques » (« histoire familière d’un pays »), sans omettre le grand cycle romanesque de l’après-guerre autour de la figure d’Angelo, le hussard piémontais. Giono se révèle être un lecteur insatiable, dont l’intérêt s’étend de Machiavel à la « Série noire », de William Faulkner au roman japonais du Genji. Si quelques nuages en obscurcissent parfois le ton, ces lettres témoignent d’une grande proximité entre l’écrivain de Manosque et l’éditeur parisien. L’amitié y tient une place centrale, tant avec la famille Gallimard qu’avec Louis-Daniel Hirsch, le directeur commercial très éclairé de la NRF. « J’aime vous lire », écrit simplement Gaston Gallimard à Jean Giono le 3 mars 1952. C’est la première vérité de cette correspondance, baignée de dévouement naturel et d’admiration.

_____________________________________________________________________________________________

REVUE GIONO – Hors série 2015

couv Hors-série lettres Grande Guerre

Jean Giono Lettres de la Grande Guerre (1915-1919)

 

Parmi tous les écrivains et futurs écrivains de sa génération, Jean Giono est à coup sûr l’un de ceux qui subirent l’expérience personnelle la plus directe, la plus authentique, la plus humble et sans doute la plus terrible de la Grande Guerre. La correspondance inédite avec sa famille – plus de 450 lettres – en apporte un témoignage exceptionnel à tous points de vue.

Elle constitue d’abord le pathétique témoignage d’amour filial d’un tout jeune homme pour ses vieux parents, mais elle est surtout, pour nous aujourd’hui, un document historique et littéraire d’intérêt exceptionnel sur le vécu quotidien d’un jeune « soldat de 2e classe et sans croix de guerre », comme Giono aimera ensuite à se présenter.

On y lira donc le récit, parfois picaresque, d’une initiation dont le narrateur ne parvient pas toujours à tenir l’horreur à distance, malgré son souci de préserver ses parents de toute inquiétude à son sujet. Ces trente mois passés au front lui feront aussi toucher le fond de la misère existentielle. Il ne se plaint jamais toutefois, ou à peine : des poux et des cafards, de la saleté et du manque d’hygiène, si pénibles à supporter pour lui toujours soucieux d’élégance. Mais constamment, il minimise son exposition réelle au danger.

Cette parade n’est peut-être pas intentée qu’à destination des lecteurs de ces lettres lénifiantes : ce qui s’y exerce déjà, c’est une formidable capacité de déni de la réalité, et on sait quelle puissance de sublimation elle aura chez le futur écrivain. Si elle est « mieux écrite » que nombre de celles des poilus de la Grande Guerre, cette correspondance ne saurait être considérée comme « littéraire » ni en quoi que ce soit préfiguratrice de l’œuvre à venir. L’apprenti écrivain y rompt sa plume, certes, quand les circonstances le permettent. Mais imagine-t-on seulement les conditions aussi atroces qu’invraisemblables dans lesquelles certaines de ces lettres ont pu être écrites, et qui oserait se soucier de correction grammaticale et d’élégance épistolaire dans l’enfer du Mont Kemmel « qui fume comme un volcan crevé » sous les obus ?

« Plus jamais ça », répéteront à l’envi les rescapés de 14-18, et Giono parmi eux – en vérifiant lui-même la trouble et terrible signification de cette formule familière : car rien ne sera plus jamais « comme avant », et ce ne sera en effet « plus jamais ça » pour lui, homme et écrivain. Ces lettres familières le montrent indiscutablement : c’est bien de la Grande Guerre qu’est sorti l’écrivain Giono.

_____________________________________________________________________________________________

SOUSCRIPTION JEAN GIONO

image-0001Cliquez dans l’image pour accéder au site de la Fondation du Patrimoine

Le Paraïs, la maison de Jean Giono à Manosque dans les Alpes-de-2Haute-Provence est un lieu de mémoire littéraire. L’auteur de Colline, Regain, Que ma joie demeure, Le Hussard sur le toit l’achète en mars 1930. Il y écrira pendant quarante ans, jusqu’à sa mort en 1970, la totalité d’une œuvre traduite en cinquante langues et universellement reconnue comme l’une des plus importantes de la littérature française du XXe siècle.

Avec la « librairie » de Montaigne à l’horizon de son ambition et de ses rêves, Giono a constitué pendant cinquante ans, entre 1920 et 1970, une bibliothèque remarquable, qui faisait sa fierté et dont le catalogue révèle l’ampleur de sa culture et de son érudition, la diversité de ses intérêts, de ses curiosités et de ses goûts. Nul doute qu’il ait tenu sa bibliothèque, en tant qu’œuvre de toute une vie, pour l’une de ses « grandes réussites ».

 

_____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

 

RENCONTRES GIONO 2015

Cliquez dans l’image pour accéder au programme complet

« Il y a dans la sensualité une sorte d’allégresse cosmique. »  Jean Giono

______________________________________________________________________________________________________________________________________________

L’œuvre de Jean Giono est tissée de sensations. Vue, ouïe, odorat, goût, toucher : les cinq sens qui unissent l’homme au monde sont d’une importance vitale pour le poète, que Giono voit comme « une sorte de monstre dont les sens ont une forte personnalité ; lui, le poète, il est là au milieu de ses bras, de ses mains, de ses yeux, de ses oreilles, de sa peau, comme un petit enfant emporté par des géants ».
Pour lui, l’homme habite « une maison aux cinq fenêtres », ses cinq sens, et en courant d’une fenêtre à l’autre, il peut avoir « la connaissance de cinq visages de l’univers ». La sensualité est un art d’écrire autant qu’un art de vivre : « Le monde est là ; j’en fais partie. Je n’ai d’autre but que de le comprendre et de le goûter avec mes sens », écrit Giono qui fait appel au « jeu magique des sens » pour créer un monde où les sons donnent la mesure de l’espace, où les odeurs « renversent les murs », où « voir est un délice » et caresser la peau poudrée des olives « une joie sensuelle », où « l’exercice de la gourmandise » enfin, est l’un des grands bonheurs offerts à l’homme.

Les Rencontres Giono 2015 orchestrent autour des textes où Giono fait jouer et exalte les cinq sens, les arts qui leur sont liés : musique, cinéma, photographie, peinture, dessin, parfum, gastronomie.

______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________